Le massif de l'Ursuia
Le massif de l'Ursuia ou Ursuya est l'un des principaux reliefs des Pyrénées occidentales. Situé dans la province du Labourd, au cœur du Pays basque français, il s'étend entre les communes de Hasparren, Macaye, Mendionde, Cambo-les-Bains, Itxassou, Louhossoa et Bonloc. Constituant le premier véritable massif montagneux rencontré depuis les plaines de l'Adour, il marque la transition entre les collines du piémont basque et les montagnes des Pyrénées.
Le nom Ursuia est généralement interprété comme signifiant « le lieu où l'eau abonde », en référence aux nombreuses sources et ruisseaux qui prennent naissance sur ses versants. Cette abondance en eau a favorisé l'installation des hommes depuis la Préhistoire et explique en partie l'importance de ce massif dans l'histoire du Pays basque.
Culminant à 681 mètres d'altitude, l'Ursuia domine les vallées de la Nive, de la Joyeuse et de l'Arberoue. Son vaste plateau sommital, ses croupes arrondies et ses pentes relativement accessibles offrent un panorama exceptionnel sur le Labourd, la Basse-Navarre et, par temps clair, jusqu'au golfe de Gascogne. Cette position privilégiée en fait un remarquable observatoire naturel et un point stratégique contrôlant les voies de passage entre le littoral basque et l'intérieur des terres.
Occupé dès le Néolithique, le massif conserve une concentration exceptionnelle de monuments mégalithiques – dolmens, tumulus et cromlechs – auxquels s'ajoutent plusieurs enceintes protohistoriques parmi les plus importantes du Pays basque. Ces fortifications, édifiées principalement durant l'âge du Fer, témoignent de l'organisation des communautés qui occupaient ces montagnes bien avant la conquête romaine. L'Ursuia constitue ainsi un véritable paysage archéologique, où plus de cinq millénaires d'histoire humaine se lisent encore dans le relief.
Baigura et Ursuia depuis Hélette
Un vaste système de défense
Contrairement à ce que l'on pourrait imaginer, l'Ursuia ne possède pas une unique enceinte mais un véritable complexe fortifié. Les prospections archéologiques menées depuis les années 1970, notamment par le général Francis Gaudeul, ont permis d'identifier plusieurs remparts, levées de terre, fossés et terrasses défensives répartis autour du sommet. Ces ouvrages utilisent intelligemment le relief naturel : les falaises et les pentes abruptes servent de protection, tandis que les accès les plus faciles sont barrés par de puissants remparts.
Certaines enceintes atteignent plusieurs centaines de mètres de développement et témoignent d'une organisation importante des populations qui occupaient la montagne.
Sur cette photographie, prise à proximité du sommet de l'Ursuia, on distingue nettement les vestiges de l'enceinte défensive protohistorique qui ceinturait le plateau sommital.
Une occupation datant de l'âge du Fer
Les enceintes de l'Ursuia sont généralement attribuées à la Protohistoire, principalement au premier et au second âge du Fer (environ entre le VIIIᵉ siècle et le Ier siècle avant notre ère). Quelques indices laissent penser que certains secteurs ont pu être fréquentés dès la fin de l'âge du Bronze, puis réutilisés au cours des périodes suivantes.
Les fouilles et les prospections ont livré des fragments de céramique, des scories de réduction du minerai de fer, des amas de terre rubéfiée, ainsi que divers vestiges témoignant d'activités artisanales et métallurgiques. Ces découvertes montrent que ces sites n'étaient pas de simples refuges, mais parfois de véritables lieux de vie et de production.
Refuge, centre de pouvoir ou habitat ?
La fonction exacte des enceintes reste encore débattue. Les archéologues considèrent aujourd'hui qu'elles pouvaient remplir plusieurs rôles :
- protéger les populations et leurs troupeaux en période d'insécurité ;
- contrôler les voies naturelles reliant la côte basque aux vallées intérieures ;
- servir de centres pastoraux saisonniers.
L'importance des terrassements et des remparts suggère que certains de ces sites constituaient de véritables centres territoriaux, bien avant la conquête romaine.
Le vaste panorama qu'offre l'Ursuia a sans doute contribué à faire de cette montagne un important site défensif dès la Protohistoire.
Les recherches archéologiques
Jusqu'au début des années 1970, ces fortifications étaient pratiquement inconnues. Les travaux pionniers du général Francis Gaudeul ont permis d'établir le premier inventaire des enceintes protohistoriques du Pays basque français. Par la suite, les recherches de Jacques Blot ont largement enrichi notre connaissance de l'occupation protohistorique des montagnes basques en mettant en évidence les liens entre enceintes, tumulus, cromlechs et autres monuments mégalithiques.
L'Ursuia depuis le col d'Iramalda
L'Ursuia, un paysage archéologique exceptionnel
Le massif de l'Ursuia ne se résume pas à ses remparts. Les environs conservent également plusieurs tumulus et autres monuments protohistoriques qui illustrent une occupation humaine continue pendant plusieurs millénaires. Cette concentration exceptionnelle de vestiges fait de l'Ursuia l'un des hauts lieux de l'archéologie du Pays basque.
Aujourd'hui encore, la montagne conserve une grande partie de ses structures défensives. Bien que souvent dissimulées sous la végétation, elles demeurent parfaitement lisibles pour le promeneur attentif et offrent un témoignage remarquable de l'organisation des sociétés protohistoriques des Pyrénées occidentales.
Le massif de l'Ursuia 681m
Bibliographie
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GAUDEUL, Francis. 1980. Les enceintes protohistoriques du Pays basque. Bulletin de la Société des Sciences, Lettres et Arts de Bayonne, n° 136, p. 323-355.
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